Écologie de la conservation

Cette page traitera des questions et des nombreux aspects techniques et conceptuels relatifs à l’écologie de la conservation, dont nous donnerons une définition et dont nous préciserons le – ou plutôt les champs d’action au travers de plusieurs posts. Mais avant de découvrir plus en détail l’écologie de la conservation, braquons les projecteurs quelques instants sur les pans les plus méconnus de la biodiversités.hgvgd

(1) La biodiversité silencieuse sur le devant de la scène !

Termitière dans le jardin botanique de Kisantu, en République démocratique du Congo. Les termites jouent un rôle écologique fondamental en dégradant les matières végétales mortes, grâce à une association symbiotique avec les bactéries qu'elles abritent dans leur tube digestif et qui sont capables de digérer la cellulose pour la transformer en sucres assimilables par les termites.

Termitière dans le jardin botanique de Kisantu, en République démocratique du Congo. Les termites jouent un rôle écologique fondamental en dégradant les matières végétales mortes, grâce à une association symbiotique avec les bactéries qu’elles abritent dans leur tube digestif et qui sont capables de digérer la cellulose pour la transformer en sucres assimilables par les termites.

Alors que l’attention du grand public mais aussi celle de grande ONG de conservation se focalise surtout sur des espèces emblématiques, comme par exemples les grands primates, les cétacés, les éléphants ou les grands félins, des pans entiers de la biodiversité disparaissent sans laisser de traces et dans l’indifférence quasi-générale. Si il y a bien quelques dizaines de naturalistes spécialisés pour s’en émouvoir, les moyens mis en œuvre pour protéger et faire connaître cette biodiversité dite  »silencieuse » sont dérisoire et notoirement insuffisant. Je vous invite donc à découvrir le rôle et l’importance de cette biodiversité silencieuse, au travers de la lecture des deux pages proposées ici sous la forme d’un article au format pdf. Il s’agit d’un article qui a été rédigé pour l’Agence belge de coopération technique (CTB) en 2009 mais qui reste malheureusement d’un brûlante actualité. Remarquons toutefois que des progrès notoire ont été réalisés et continuent à l’être dans de nombreux pays grâce au travail de nombreuses personnes et d’ong volontaire, tel que Natagora ou Natuurpunt en Belgique pour ne citer que ces deux associations, parmi bien d’autre…

Bonne lecture et j’espère que vous ne regardez plus un scarabée bousier de la même manière à l’avenir ! Je vous donne rendez-vous au prochain post !

Biodiversité silencieuse partie 1

Biodiversité silencieuse partie 2

(2) L’équilibre délicat entre animaux et plantes dans un espace limité

Pour inaugurer officiellement cette section du site consacrée à l’écologie de la conservation – mon premier post dans cette section parlait davantage de biodiversité de que conservation – , quoi de mieux que de vous présenter le travail qui m’a permis de découvrir cette thématique. En effet, assez curieusement, la biologie de la conservation, discipline scientifique qui traite des questions visant à sauvegarder les espèces et les écosystèmes menacés, n’a été que très peu abordée au cours de mes études. C’est pendant mon DESS en gestion de l’environnement réalisé à l’ULB que j’ai découvert cette approche qui consiste à combiner différents champs de la biologie (écologie, dynamique des populations, physiologie, éthologie,…) pour proposer des stratégies de protection et de sauvegarde des espèces et des milieux en danger de disparition ou soumis à des contraintes anthropiques trop fortes. C’est au travers du cas de la sauvegarde en semi-liberté de la gazelle dama(Gazella dama mhorr) que je me suis initié à l’approche scientifique de l’écologie de la conservation.

La gazelle dama mhorr possède une magnifique robe, dont la couleur varie du brun foncé au brun clair, avec des reflets grenat. N’ayant jamais pu approcher de près les gazelles dama du parc, j’emprunte donc cette photo d’un animal en captivité à son auteur.

La gazelle dama est une espèce fortement menacée, considérée actuellement comme éteinte ou en voie d’extinction à l’état sauvage. Entre 1990 et 1994, l’État tunisien a introduit la sous-espèce Gazella dama mhorr dans le parc national de Bou-Hedma, situé en Tunisie centrale. Ce Parc est caractérisé par une forêt clairsemée à Acacia raddiana, relique de l’ancienne couverture forestière de la Tunisie centrale et fruit de nombreux efforts de restauration de la végétation. Voici d’ailleurs un lien vers une interview du conservateur du parc, Lazhar, qui explique l’importance de protéger ce paysage forestier. L’interview mélange le français, l’arabe tunisien et l’italien, mais vaut la peine !

Le choix du parc national de Bou-Hedma comme lieu de réintroduction pour la gazelle dama se justifiait par la présence de ces boisements à Acacia raddiana, qui jouent un rôle important dans les exigences écologiques de la gazelle dama.

Le parc national de Bou-Hedma a été créé pour protéger la dernière forêt d’accacia raddiana de Tunisie. Le parc est bordé au Nord sur toute sa longueur par la chaîne montagneuse du djebel Bou-Hedma. Photographie prise sur le site: http://www.nature-terroir.com/. Mes photos du parc sont des diapositives et je dois donc encore les digitaliser avant de pouvoir les exploiter sur mon site.

En 2002, l’hypothèse selon laquelle la population de Gazelles mhorr du Parc, du fait de sa croissance régulière, pourrait causer des dommages importants aux acacias inquiétait les gestionnaires du Parc. Pour apporter des éléments de réponse à cette question, j’ai effectué deux mois d’observations, en avril et mai 2002, dans le parc national de Bou-Hedma. Au cours de ces deux mois, je me suis intéressé au régime alimentaire et la structure sociale de la population de gazelles mhorr du Parc.

Voici le lien vous permettant de télécharger le fichier PDF de mon rapport de stage de DESS réalisé à Bou-Hedma (mémoire gazelle dama). Il s’agit d’un travail qui n’est pas parfait, loin sans faut, et qui n’est pas non plus tout à fait complet, certaines annexes ayant disparu dans les limbes informatiques, mais l’essentiel est là. Alors oublions les quelques défauts de ce premier travail en écologique de la conservation et abordons ensemble le champ d’action très vaste de l’écologie de la conservation. Dans les prochains textes qui viendront s’ajouter à cette section, nous aborderons plus en détail cette discipline scientifique, ses outils et des principaux défis.

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